Et l’Oxygène fut !

Et l’Oxygène fut !

Où l’on apprend que les hommes existent aujourd’hui grâce aux bactéries.

2017, États-Unis. Un article publié par les géologues Matthijs Smit et Klaus Mezger fait grand bruit. Il apporterait des réponses à l’une des énigmes les plus fondamentales de notre planète : l’apparition du dioxygène.

Indispensable à la vie, le dioxygène (O2 : 2 atomes d’oxygène) représente aujourd’hui près de 21% de l’atmosphère terrestre. Mais cela n’a pas toujours été le cas…

Photo : © Pixabay

Il y a plus de 2,5 milliards d’années, l’atmosphère primordiale était composée d’hydrogène, d’azote, de dioxyde de carbone et de seulement… 0,0001% de dioxygène. Mais un événement a tout bouleversé ! Entre 2,4 et 2,1 milliards d’années, la vie sur Terre a subi une crise majeure : l’augmentation de la quantité de dioxygène atmosphérique.

Ce sont des bactéries, appelées cyanobactéries, qui seraient responsables de cet événement, surnommé la Grande Oxydation. En effet, ces dernières ont développé un processus révolutionnaire capable de produire de l’énergie à partir du soleil : la photosynthèse.

Photographie de stromatolithes, récifs composés de cyanobactéries.
On en trouve encore quelques formations, dont ici dans l’ouest de l’Australie, dans le parc national de Yalgorup, Photo: © C. Eeckhout

Grâce à un savant mélange de lumière, de dioxyde de carbone et d’eau, les cyanobactéries fabriquent le sucre, indispensable à leur survie, et rejettent dans l’environnement, de l’eau et… du dioxygène.

Le problème est que, si le dioxygène est aujourd’hui indispensable à la vie, pour certains organismes primitifs, il est extrêmement toxique ! Résultat, des formes de vie disparaissent, laissant la voie libre aux cyanobactéries et à de nouveaux organismes vivants.

Mais la découverte de Smit et Mezger va plus loin… Selon eux, l’activité des cyanobactéries ne pourrait pas, à elle seule, expliquer la Grande Oxydation. Le phénomène aurait été concomitant à un autre événement majeur : la modification de la croûte terrestre.

Et particulièrement, la diminution de la quantité d’un minéral, l’olivine, connu pour consommer l’oxygène. Sans ce minéral, l’oxygène aurait donc été libre de rejoindre l’atmosphère. Une chose est sûre, il faudra des cerveaux bien oxygénés pour démêler tout cela !

Cristaux d’olivine dans une gangue de basalte échantillonnée au Piton de la Fournaise, à La Réunion, Photo: © Thierry Caro

 

Et l’Oxygène fut !

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